Les entretiens d’embauche se poursuivent pour Charles Decant, toujours à la recherche d’un successeur à Julien Bellver. 

(Article parodique)

Charles Decant ( redacteur en chef de Puremédias): Ah monsieur Ranu, entrez. Ca tombe bien que vous soyez là, parce que j’ai votre CV sous les yeux et je suis surpris de votre candidature.  

Jean-Christian Ranu : bah c’est Pole Emploi qui m’a envoyé vers vous. J’ai particulièrement brillé à un atelier d’écriture. J’ai épaté mes camarades et ce n’était pas gagné d’avance, je peux vous le dire. Quand mon conseiller, monsieur Berthier, a vu ma copie, il m’a tout de suite dit qu’il avait une annonce pour moi. Il m’a annoncé que votre boite cherchait quelqu’un qui avait des aptitudes à la rédaction et excusez-moi mais je pense bien être l’homme de la situation.

CD : Oui c’est bien ce qu’on recherche mais nous, on est quand même dans un style de rédaction très précis : nous sommes des journalistes.

JCR : Et c’est là que vous avez de la chance. Tenez-vous bien ! J’ai tenu le journal interne de la Cogip pendant 12 ans, Cogip Info, que ça s’appelait. C’est Jean-Régis de la compta qui avait trouvé le nom, il était fort pour ça, Jean-Régis. J’avais pris la succession de Jean-Bernard Patrick en 1987. Le journal vivotait à l’époque. Et j’ai eu une idée de génie qui a fait exploser notre nombre de lecteurs. J’avais fait rajouter l’horoscope en page 4. Oui, on avait 4 pages dans notre journal. Et là où c’était malin, c’est que ça nous coûtait rien, vu que je reprenais l’horoscope du Femme Actuelle de ma femme. Une optimisation de ressources de premier ordre !

CD : Ah, je vais au moins noter que vous savez prendre des initiatives. Je ne sais pas si on vous a prévenu à Pole Emploi, mais nous, on est un site qui traite de l’actualité des médias. C’est un sujet qui vous parle ?

JCR : Tous les sujets peuvent me parler, je suis pas enfermé dans un prêt à penser, vous savez. Les médias, la politique, la météo des plages, peu m’importe au fond. Ce qui compte, c’est la stratégie d’entreprise, que nous soyons tous tournés vers le même objectif. C’est ce défi que je recherche.

CD : Vu votre âge et votre expérience, j’imagine que vous avez des exigences différentes d’un jeune de 20 ans.

JCR : Il est évident que je veux être sûr d’avoir à ma disposition les moyens de mes ambitions. Moi je veux bien qu’on se mette martel en tête, qu’on cherche à prendre toutes les parts de marché de la concurrence mais il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.

CD : Mais vous voulez quoi comme moyen exactement ?

JCR : Le nécessaire du parfait journaliste : un computer évidemment, agrémenté de sa souris et de son clavier. Je veux que vous m’assuriez de l’installation des logiciels dernier cri, pour optimiser mes performances. Mais je veux aussi, et je serai intraitable sur ce point, un lot de 4 stylos bic couleurs et un crayon de papier HB. Bon, si jamais vous préférez m’octroyer le stylo 4 couleurs, on peut toujours négocier mais pour la tenue en main, je trouve ça personnellement beaucoup moins pratique.

CD : Non mais évidemment que vous aurez tout ça.

JCR : C’est déjà un bon point acquis. Et n’oubliez pas, on ne revient pas sur des acquis, c’est une règle de correction envers ses employés. Mais ce n’est pas tout, j’exige aussi une agrafeuse personnelle. Il y a beaucoup d’entreprises qui mettent à disposition, par souci d’économie sans doute et je les comprends, une agrafeuse pour deux. Ca ne marche pas. C’est une erreur stratégique à éviter. Personne ne la remet jamais à équidistance des deux personnes, il y a toujours une des deux personnes qui se retrouve lésée et ça créé de la frustration et de la rancœur. Ce n’est pas bon pour l’esprit d’entreprise. Moi je veux travailler dans une harmonie, me sentir bien dans ma boîte. Je ne veux pas que mon collègue ressasse des sentiments envers moi parce que j’ai oublié de remettre l’agrafeuse entre nos deux bureaux.

CD : Si jamais vous travaillez pour nous, je vous assure que vous aurez toutes les fournitures nécessaires pour que vous puissiez travailler convenablement.

JCR : Très bien, ça l’effectue.

CD : Mais je ne sais toujours pas ce que vous pourrez nous apporter si par exemple,demain, vous travaillez chez Puremédias.

JCR : Vous me prenez de court mais évidemment que je ne viendrais pas les mains vides. Si vous le souhaitez, en guise de pot de bienvenue, je pourrais amener un cake aux fruits confits, avec un bon jus de raisin. Ca amènera de la convivialité à la machine à café et je pense, que ce sera surtout un bon point pour mon intégration parmi l’équipe. Vous avez une machine à café au moins ?

CD : Oui Julien nous a gentiment laissé sa Nespresso mais ce n’est pas le sujet. Moi, ce que je cherche à comprendre, c’est comment un responsable adjoint des achats de la COGIP peut devenir journaliste chez Puremédias.

JCR : Ca, faites moi confiance, je suis un caméleon. Si vous me prenez dans votre boite, je me réveillerais Puremedias, je mangerais Puremédias, je serais Puremédias. J’ai une capacité d’adaptation à mon environnement assez incroyable. Même ma femme n’en revenait pas. Quand elle m’a quitté, elle pensait que jamais je ne relèverai la tête parce que je n’étais qu’un bon à rien et force est de constater qu’elle avait tort. Je me suis relevé et je suis là devant vous pour devenir journaliste de Puremédias.

CD : Ce n’est pas encore fait, attention.

JCR : Ah mais évidemment. On n’a même pas visité la cantine…

CD : Non mais monsieur Ranu, vous m’êtes très sympathique mais vous ne correspondez pas du tout au profil que nous recherchons. Je suis vraiment désolé.

JCR : Ah mais dans la vie, il n’y a pas d’échec. C’est juste une nouvelle leçon de vie pour moi. Une énième.

CD : On ne vous prendra pas mais c’était vraiment très intéressant…