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En fin de semaine dernière, Julien Courbet fut appelé pour dépanner en pré-access de C8. Objectif: remonter les audiences de la case, abîmée par le jeu « C que de l’amour’. Problème: le programme doit conserver le même nom pour que ce ne soit pas juridiquement reconnu comme une déprogrammation.Bref, depuis lundi, Julien Courbet est à la tête de « C que de l’amour… et que de la télé! », un programme préparé en à peine 48 heures selon ses dires, qui ne devait être mis à l’antenne qu’à partir du lundi 18 septembre.

Le contexte dans lequel l’émission est lancée appelle forcément à un peu de bienveillance. L’émission est en cours de construction et s’améliorera forcément au fur et à mesure et elle contient déjà pas mal de bonnes choses.

Le concept: Julien Courbet réunit 4 journalistes pour traiter de divers sujets médias. Certains veulent y voir un TPMP centré sur les médias, mais une émission sans Cyril Hanouna peut difficilement ressembler à un TPMP. Ca me rappelle plutôt la séquence des télé-flingueurs dans le Grand Direct des médias, l’ancienne émission de Jean-Marc Morandini sur Europe1. Séquence qui était plutôt agréable à écouter d’ailleurs.

Les points positifs

Les extraits d’émission en accéléré

En préambule de certains débats, un magnéto est diffusé résumant une émission télé avec des extraits en accéléré et quelques séquences à vitesse réelle. Ces petits reportages simples à fabriquer offrent un aperçu global d’une émission et permettent aux téléspectateurs de se faire une bonne idée du programme en question.

Les journalistes

Contrairement à TPMP où la parole est donnée à tout le monde, pour que chaque téléspectateur puisse s’identifier à un des chroniqueurs, « C que de la télé » ne réunit que des journalistes. L’idée est plutôt bonne mais il serait préférable de ne mettre autour de la table que des spécialistes médias. Sur l’émission d’hier, le casting était assez inégal: Damien Canivez et Emilie Lopez, journalistes médias, devaient cohabiter avec Christophe Carrière et Ludivine Rétory, qui ne semblent pas maîtriser grand chose sur le sujet. Résultat: l’émission est émaillée d’imprécisions, comme quand Christophe Carrière explique que la cible « Responsables des achats » a remplacé « ménagères » pour pouvoir compter des hommes. Or, cette cible ne vise que les femmes de 15 à 49 ans responsable des achats.

Les rubriques

J’ai plutôt apprécié la rubrique du décodeur. L’intention est louable: demander aux experts médias de décrypter un point qui pourrait être jugé complexe pour un non-initié. Sur l’émission d’hier, le sujet à décrypter était l’autorisation accordée à TF1 de disposer d’un écran publicitaire pendant les journaux télévisés. Julien Courbet a très vite compris que pour ces sujets-là, il valait mieux s’adresser à Damien Canivez ou Emilie Lopez. Les deux autres ont plutôt raconté n’importe quoi sur le sujet. L’autre rubrique est plutôt un prétexte. Il s’agit des infos des chroniqueurs, où chaque journaliste doit présenter une info média parue dans la journée. Vendues pompeusement comme des exclus, cette rubrique est plutôt utile pour celui qui ne s’est pas tenue au courant dans la journée.

Les points à améliorer

le casting

Pour cette émission entièrement centrée sur les médias, il serait préférable de n’avoir que des journalistes médias autour de la table. L’ensemble des interventions de Christophe Carrière ou Ludivine Rétory ne reposaient que sur du ressenti et comptaient beaucoup d’imprécisions. Une façon polie de dire qu’ils disaient beaucoup de conneries. A la place, il vaudrait mieux une table avec seulement 3 journalistes médias, aux sensibilités et à des âges différents.

Le choix des sujets

Le choix a été fait de ne pas traiter de sujets prévus d’être abordés dans TPMP. Cette ligne éditoriale est plutôt handicapante et selon moi, contre-productive. Sur RMC, les émissions de foot s’enchaînent avec souvent les mêmes débats. Mais la personnalité des intervenants et l’humeur des différentes émissions font que ça n’est pas gênant pour l’auditeur. Je pense même au contraire, que les téléspectateurs de Courbet seraient mieux armés, après avoir entendus l’avis des « experts » pour suivre les débats des chroniqueurs dans TPMP. L’émission de Julien Courbet a du mal à attirer des téléspectateurs et ce n’est pas avec des débats sur des programmes de National Geographic ou Numero23 que ça pourra s’améliorer.

La durée de l’émission

Le dernier point faible que je relèverai pour cette émission est la longueur de l’émission. Quand trente minutes seraient amplement suffisants, Julien Courbet doit meubler une heure et quinze minutes avec ce programme. Il a beaucoup de talent pour détendre l’atmosphère et ne pas faire de cette émission un programme trop sérieux mais il est compliqué tout de même de s’intéresser à l’émission sur toute sa durée.

Au départ présentée comme une prolongation du programme estival « C’est que de la télé », l’émission a finalement bien évolué pour se démarquer un peu plus de TPMP et en devenir un bon complément. Malheureusement pour Julien Courbet, les téléspectateurs ne sont pas au rendez-vous pour le moment.