Après plus d’un an de procédures, l’affaire qui m’oppose à Jean-Marc Morandini sera enfin jugée le 19 mars prochain. Comment, moi, simple twittos, ai-je pu me retrouver en procès avec cette personnalité médiatique controversée ?

Petit retour sur cette affaire plutôt bouleversante pour moi.  En juin 2016, je créais un compte parodique de Jean-Marc Morandini sur Twitter pour pouvoir traiter des médias sous couvert de la parodie d’un des journalistes médias les plus connus. D’abord inspiré par les approximations du blog de ce monsieur, mon compte s’est rapidement fait le relais de toutes les actualités le concernant lorsque l’article des Inrocks a révélé l’affaire de ses castings pour sa web-série érotique.

Ce compte twitter a eu son petit succès, rassemblant autour des 500 followers et n’a pas échappé à Jean-Marc Morandini, qui l’a fait suspendre à 3 reprises. A chaque fois, je contestais les suspensions mais il est compliqué de discuter avec Twitter et je ne savais jamais qui était derrière les suspensions (des fans, des comptes robot qui signaleraient en masse ou Jean-Marc Morandini en personne).  La lassitude des suspensions l’a vite emporté et j’avais décidé dès le mois de septembre d’arrêter ce compte parodique pour un compte traitant des médias en général sous mon compte actuel .

Malgré tout, en novembre, je recevais un courrier à mon domicile: une mise en demeure signée d’une des avocats de Jean-Marc Morandini me demandant d’arrêter mes tweets dénigrant Jean-Marc Morandini. Ce courrier a été suivi le lendemain par la visite d’un huissier de justice à mon domicile, me portant une assignation m’annonçant que Jean-Marc Morandini m’intentait un procès pour plusieurs motifs et me réclamait 35 000 euros en guise de réparation.

Mon compte était évidemment purement parodique, il ne visait qu’à faire rire mes quelques followers et j’avais toujours pris soin de ne jamais publier d’injures, ni de relayer toutes les rumeurs qui circulaient sur les pratiques de cette personne. Mon compte se contentait de relayer les informations parues dans la presse et de les commenter avec un tweet humoristique. Malgré ces précautions, Jean-Marc Morandini m’intentait donc ce procès et me plongeait dans une affaire, à laquelle financièrement il est compliqué de faire face pour une personne comme moi, jeune père de famille de 35 ans qui n’a pas des milliers d’euros sur son compte à consacrer à des frais de justice.

Alors comment peut-il me réclamer 35 000 euros ? Une somme plutôt folle pour un compte twitter parodique.  Il m’intente un procès pour 3 motifs. Il réclame d’abord 10 000 euros pour injures publiques. Sur la centaine de tweets relevés par un huissier de justice, son avocate a trouvé 2 tweets qu’elle a estimé à caractère injurieux.

« Permettre à pervers d’entrer en contact avec des mineurs mais suspendre un compte qui dénonce cette personne  » Tweet publié le 15 août 2016

« Quand tu lui proposes des photos de nu, même s’il sent le piège, il est incapable de refuser  » tweet publié le 16 août 2016, accompagné d’une capture d’un échange de mail entre un candidat à un casting et une personne non identifiée de la société de production de Jean-Marc Morandini.  Cette capture n’a curieusement pas été relevée par l’huissier de justice. 

Pour ces deux tweets où figure le mot « pervers » sans citer qui que ce soit, Jean-Marc Morandini me réclame donc 10 000 euros pour préjudice subi. Christophe Hondelatte qui a, devant des millions de téléspectateurs dans l’émission « On n’est pas couché », dit que « Jean-Marc Morandini est un immense pervers » n’est lui de son côté nullement inquiété. Mon avocat démontrera évidemment que ces tweets ne relèvent pas de l’injure publique.

Jean-Marc Morandini me réclame aussi 10 000 euros pour avoir diffusé sur mon compte twitter des photos parues dans Closer et Public. Il me poursuit à ce titre pour violiation de sa vie privée et diffusion de photos volées. Plainte qu’il n’a pas hésité à relayer sur son site internet laissant croire à ses lecteurs que je me serais introduit chez lui pour lui voler des photos alors que je me suis contenté de relayer des articles publiés par la presse nationale.

Pour finir, il me réclame 10 000 euros pour ma « campagne de dénigrement ». Effectivement, je tenais un compte parodique autour de sa personne, donc je tweetais essentiellement des choses le concernant. Mais mes tweets n’avaient pour but que de faire rire. Et la lecture de la centaine de tweets consignés dans le dossier constitué par Jean-Marc Morandini en atteste complètement.

Evidemment, il n’allait pas se contenter de me réclamer 30 000 euros, il a rajouté 5 000 euros pour les frais de justice que je lui ai occasionné. Il aurait pu dès le départ m’envoyer un message pour me dire que ce serait sympa d’arrêter ce compte parodique si celui-ci le dérangeait mais non, il a préféré faire des constats d’huissier, envoyer une mise en demeure et une assignation à mon domicile. Et pour donner un peu de publicité à tout ça, il a évidemment écrit un article sur son blog en révélant mon identité, histoire que dès que quelqu’un cherche mon nom sur Google, il sache bien que je suis mêlé à cette affaire rocambolesque avec Jean-Marc Morandini.

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En novembre 2016, quand l’affaire m’est tombée dessus, j’étais plutôt dévasté. Devoir expliquer à ma femme que ce journaliste controversé me réclame 35 000 euros alors que nous ne sommes pas du tout dans ce milieu des médias. On vit tranquillement notre vie de famille en province et là, j’apprenais que j’étais poursuivi devant le tribunal de Grande Instance de Paris.

En novembre 2016, j’avais ouvert une cagnotte Leetchi pour faire appel à la solidarité de mes followers pour m’aider dans cette affaire. J’avais fermé la cagnotte très rapidement car j’avais jugé bien suffisant l’apport de mes followers pour m’aider à payer les premiers versements à mon avocats. Mais depuis la procédure s’est poursuivie avec de nombreuses audiences entre les différents avocats. L’affaire va enfin être jugée en mars prochain et il va falloir que je solde mes frais de justice.

Je me permets donc de relancer un appel à votre solidarité pour m’aider dans ce « combat judiciaire » contre Jean-Marc Morandini qui préfère s’attaquer aux faibles plutôt que d’intenter des procès à l’ensemble des personnalités qui se sont moqués de lui au moment de l’éclatement de l’affaire des castings.

Pour participer à la cagnotte, c’est ici: Cagnotte Leetchi pour le Whoo